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Benoît Saint Girons |
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Les médicaments sans tabou |
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Pièges, mensonges et
vérités. |
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Le Pr Claude Béraud, ancien vice-président de la commission de transparence de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, présente sur une cinquantaine de pages l'essentiel de ce qu'il convient de savoir sur les médicaments. Bien sûr que les médicaments sont utiles... mais pas toujours ceux que l'on croit et pas n'importe comment! De la surconsommation aux effets secondaires en passant par l'absence assez fréquente d'efficacité, notre vision de ces substances « pas comme les autres » ne sort pas indemne de la lecture de ce petit livre. Bien évidemment, le livre aurait pu être plus épais, si l'auteur
avait par exemple entrepris de présenter des alternatives aux
substances chimiques, en dehors des considérations psychologiques et
de l'écoute qui, comme le soulignent l'auteur,
ne sont plus enseignés en école de médecine. Car c'est bien là le
problème: quelles alternatives naturelles à des médicaments
inefficaces ou potentiellement dangereux mais dans tous les cas
coûteux ? Ce livre pourra servir d'introduction pour
une prise en charge plus générale de sa propre santé. De ce
point de vue, il est précieux! |
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Introduction |
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La consommation des médicaments n’a jamais été aussi grande, surtout chez les Français, qui arrivent en tête en Europe dans ce domaine. Ils prennent, en moyenne, une boîte de médicaments par semaine, soit deux ou trois fois plus que leurs voisins européens ! S’en portent-ils mieux que les autres ? Hélas non, cet usage abusif fait même d’énormes dégâts humains et a un poids économique considérable. (p.7) Commentaires du Mendiant : Cocorico !
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1. Un produit pas comme les autres |
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Aussi étonnant que cela puisse paraisse, nombreux sont les médicaments dont l’efficacité médicale n’a pas été démontrée. Si nombreux en vérité qu’il serait fastidieux de les énumérer. […] La commercialisation des médicaments inefficaces est liée à l’ancienneté de leur mise sur le marché, qui, autrefois, était facilement autorisée […] Les dossiers fournis par les industriels pour obtenir cette autorisation étaient squelettiques et les arguments à l’appui de leur demande sans aucune valeur scientifique. En France, il a fallu attendre novembre 1972 pour que la réglementation impose enfin aux produits proposés une démonstration scientifique […] Par la suite, tous les produits dont la composition était proche de celle des vieux remèdes purent obtenir cette autorisation, « dans un souci égalitaire » et furent remboursés par l’assurance maladie […] On peut s’étonner qu’un médicament sur cinq soit remboursé par l’assurance maladie alors qu’il ne rend aucun service médical à la population. […] En fait, les industriels brandissent l’argument de l’emploi pour imposer leur logique dans les négociations. Selon eux, des milliers d’employés seraient au chômage si ces médicaments n’étaient pas remboursés par l’assurance maladie. (p 10-12) A quelques exceptions près, les industriels français, n’ayant pas découverts de médicaments innovants au cours de ces vingt dernières années, n’ont pu développer leur chiffre d’affaires qu’en vendant davantage leurs vieux produits inefficaces. (p13) Le nombre des sujets hospitalisés pour un accident médicamenteux est estimé à 140 000 par an et le taux de mortalité de ces malades s’élèverait à 9%, soit 13 000 victimes […] Selon une étude portant sur des malades de plus de soixante-dix ans, une ordonnance sur dix soulève des problèmes de sécurité et une sur cinquante serait dangereuse si elle était suivie à la lettre par le patient (p20) Commentaires du Mendiant : Le nombre de victimes est deux fois supérieur au nombre des accidentés de la route mais le gouvernement demeure les bras croisés, comme le révèle les nombreux scandales de la revue de presse consacrée à la santé. A quand une Sécurité Sanitaire et des radars chez les médecins ?
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2. Les bons réflexes |
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En France, après avoir décroché son diplôme de médecin, il est possible d’exercer durant quarante ans la médecine sans ouvrir un livre ni même une publication médicale […] 30 à 40% des prescriptions de médicaments ne sont pas légitimes et se révèlent souvent dangereuses (p23) 50% des patients qui consultent leur généraliste présentent des symptômes sans rapport avec une maladie. Il en va de même pour 30% des patients s’adressant aux spécialistes […] les traitements médicamenteux échoueront régulièrement s’ils se substituent à une véritable écoute du patient. (p29) A l’université, les médecins apprennent à identifier les maladies et à les traiter, mais ils n’apprennent plus comme autrefois à prendre soin des hommes. (p30) De la qualité de la relation médecin-malade, de la réponse humaine, et non des médicaments, dépend le plus souvent l’évolution des symptômes. (p32) Commentaires du Mendiant : Nous avons le choix. La maladie peut être considérée, soit comme une « Altération dans la santé… Etat de ce qui est gâté », soit comme une communication naturelle de mon organisme, une réaction naturelle à un déséquilibre. Nous pouvons à la moindre affection, soit nous précipiter chez le médecin et la trousse à pharmacie, soit ralentir un peu et faire confiance à la nature. Nous avons le choix entre hurler « Ô mon Dieu que je suis malade ! » ou bien alors remercier notre organisme pour l’action qu’il est en train de mener. « Nous ne sommes pas là pour guérir de nos maladies, mais nos maladies sont là pour nous guérir » disait déjà Carl Gustav Jung. (Extraits de l'Autre Choix. Voir aussi www.maisondubienetre.com )
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3. La sécurité des médicaments |
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Des centaines de milliers de malades ont abrégé leur vie en prenant des médicaments qui leur avaient été prescrits par leur médecin. Les exemples abondent. Des médicaments destinés à corriger les troubles du rythme cardiaque ont tué plus d’Américains que les guerres d’Indochine et de Corée. Les nouveaux anti-inflammatoires ont été à l’origine d’environ un million d’accidents cardiovasculaires qui ont entraîné la mort de dizaines de milliers de malades. Le traitement hormonal de la ménopause a joué un rôle important dans l’explosion des cancers du sein. Et l’on sait aujourd’hui que les antidépresseurs ont très probablement été responsables de nombreux suicides et de violences meurtrières. (p36-37) Les industriels vendent 80% de leurs produits aux populations des pays riches qui pourtant ne représentent que 15% de la population mondiale. (p41)
Commentaires du Mendiant : Les personnes âgées sont les plus
à risque puisque, passé 75 ans, elles prennent en moyenne 5 à 6
médicaments différents par jour. La canicule avait fait scandale
mais personne n'a osé remettre en cause les surprescriptions qui
affaiblissent le système immunitaire. Il est vrai que la nature
n'est pas un lobby très puissant...
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4. Le business du médicament |
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En France, les industries pharmaceutiques constituent, avec les entreprises de construction, le secteur où la rentabilité financière est la plus élevée. Elles affichent un excédent brut d’exploitation qui atteint 41% (p42) Prescripteurs, patients, producteurs de médicaments et citoyens ont chacun une part de responsabilité. Lorsque le médecin veut clore une consultation, il sort un bloc d’ordonnance et le malade se saisit de son portefeuille ou de son carnet de chèques. Les interlocuteurs échangent ces documents et se serrent la main. En France, la quasi-totalité des consultations se termine ainsi, alors que dans certains pays européens, en Hollande notamment, moins de la moitié des rencontres avec un médecin conduit à une prescription médicamenteuse. (p44) Pour renforcer cette pression, les firmes n’hésitent pas à créer et à financer des associations de malades : celles-ci exigeront que les procédures réglementaires d’autorisation soient accélérées afin que les médicaments puissent être prescrits au plus vite. (p45) Chaque trouble a justifié la prescription d’un médicament. Le médecin a appris à traiter les maladies, mais jamais personne ne lui a appris à soigner les malades qui n’ont pas de maladie et qui remplissent les cabinets de consultation. Les malades et les médecins sont les victimes d’un système dominant de pensée qui fait de la médecine et de ses moyens, notamment les médicaments, la seule réponse possible à la souffrance humaine et à la maladie. Ils subissent également une conception biomédicale de la médecine qui […] conduit à une représentation de plus en plus segmentée du patient. (p48) Depuis une dizaine d’années, les industriels n’inventent plus guère de produits réellement innovants. Ils cherchent en revanche par tous les moyens juridiques à retarder l’introduction des génériques afin de maintenir leurs profits. […] Recommander le médicament pour un trouble qui ne figurait pas dans les indications précédentes peut ajouter des années supplémentaires de protection si la commission d’autorisation de mise sur le marché l’autorise. (p50) Prescrire des génériques oblige les industriels à développer leurs programme de recherche. […] En 1998, la moitié des médecins déclarait que jamais ils ne prescriraient des génériques. (p51) La logique qui s’impose est celle des industriels, dont l’objectif n’est pas d’améliorer la santé de la population mais d’accroître les bénéfices de l’entreprise et de développer le marché. (p52) Les prix des médicaments n’ont pas tenu compte de leur valeur thérapeutique et de leur utilité mais des politiques industrielles (p53) Les trois quarts de la croissance des dépenses de médicaments sont liés à l’augmentation de la prescription des médicaments nouveaux, plus chers, aux dépens des plus anciens, qui dans 90% des cas sont aussi efficaces, moins dangereux, et moins coûteux. Et si les médecins optent pour les médicaments les plus chers, cela tient d’abord à leur ignorance de la valeur ajoutée réelle des nouveaux produits. […] Les industriels ne font pas ou très peu de recherche fondamentale, et ils ne découvrent rien. En revanche, ils utilisent les résultats de la recherche réalisée dans le secteur public, non brevetable, pour inventer des médicaments qu’ils font immédiatement breveter pour posséder des droits de propriété intellectuelle. (p54) Au total, moins de 5% des « nouveautés » arrivant chaque année dans les pharmacies ont une valeur ajoutée médicale importante (p55) Commentaires du Mendiant : Business qui, rappelons-le, s'est élevé à 600 milliards de dollars en 2005, en augmentation seulement de 7%. Il est vrai que les campagnes de désintoxication style « les antibiotiques, c'est pas automatiques » et le développement des génériques font beaucoup de tort à l'industrie (du moins en Occident). Si le "marasme" continue, Big Pharma devra-t-il avoir recours aux antidépresseurs ? A noter que figure en annexe du livre le listing de 835 médicaments jugés insuffisants. Mais bon, arrivé à la fin du livre, on n'a plus vraiment envie d'être malade de toute façon!
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