Benoît Saint Girons
R e v u e d e p r e s s e
d u M e n d i a n t
S e c t i o n B r a v o !
Notre esprit est [...] embué par un certain nombre de conditionnements
réflexes. La loi de la jungle dont nous avons déjà parlé mais aussi,
plus subtilement, notre représentation souvent négative du monde.
Prenons l’exemple des journaux télévisés. Sur trente minutes, il est
logique que les journalistes se concentrent sur ce qui sort de
l’ordinaire : le crash d’un avion plutôt que les milliers de vols qui
atterrissent quotidiennement sans encombre, le meurtre plutôt que les
milliards de poignées de main ou de sourires… Il ne faut pas se laisser
berner : sur une page blanche, c’est évidemment le point noir qui saute
aux yeux !
Dialogue entre la bibliothécaire et Samuel
Et non, tout ne sera donc pas noir dans cette revue de presse ! Il
arrive aussi de tomber sur des bonnes nouvelles ! De temps en temps,
nous découvrons aussi – grâce à des journalistes optimistes et
indépendants de la mode défaitiste – les initiatives généreuses et
citoyennes de sociétés ou d'individus. Evidemment, cela fait rarement
les gros titres et ces informations sont en nombre plus restreints mais
elles font néanmoins chaud au cœur: non, tout est loin d'être pourris
dans cette société et des millions de personnes se démènent en faveur
d'un monde plus juste et plus humain. Impossible évidemment de citer
tout ce beau monde. Nous nous concentrerons donc sur le monde de
l'entreprise, pour constater que l'éthique n'est pas forcément
contradictoire avec les affaires. Exception de cette section: les
entreprises citoyennes auront leur nom cité au lieu de l’infamant «
[censuré] » Nous vous invitons à privilégier les premières au détriment
des autres…
Dessin Jean Philippe Combaz pour Satoriz
Bravo à Satoriz pour avoir fait le grand ménage au niveau des arômes...
Bernard Devert : Le nouvel abbé Pierre
► Marianne N°514, 24 février 2007, Florence Delattre, p. 32 Marianne
Bernard Devert explique comment il peut suffire d’un toit et de quelques
rencontres, au quotidien, avec les « inclus » pour qu’un exclu retrouve
sa place dans la société. Une fois installés, 2000 bénévoles
accompagnent les « gens cassés », dans leurs démarches administratives,
pour se former et redécouvrir leurs potentialités. Association Habitat
et Humanisme.
Commentaires du Mendiant : « Vous donnez peu lorsque vous donnez de vos
biens. C’est lorsque vous donnez de vous même que vous donnez vraiment »
(Khalil Gibran)
Climat : « Ozone Gore » se déchaîne
► Marianne N°514, 24 février 2007, Thomas Cantaloube, p. 53 Marianne
Le Climate Project consiste à envoyer dans tous les Etats-Unis plus de
1000 volontaires effectuer la même présentation que celle contenue dans
son film Une vérité qui dérange, sur le réchauffement climatique.
Commentaires du Mendiant : Encore un film Gore...
Bienvenue à un nouveau magazine au doux nom de Vivre Autrement! Vivre
autrement, faire l'Autre choix: une nécessité pour qui désire retrouver
une certaine sérénité dans une société plus juste et plus humaine...
Bravo donc à tous les concepteurs de ce nouveau média!
Hubert Reeves : de l’astrophysique à la biodiversité
► Vivre autrement N°1, Février 2007, propos recueillis par Françoise
Klein, p.38 Vivre autrement
« Quand un bateau est en perdition, les petites querelles entre les
membres d’équipage sont oubliées. […] Une goutte d’eau épargnées par
chacun des 60 millions de Français, cela fait un beau volume. […] Je ne
suis pas du tout persuadé qu’offrir « la décroissance » comme idéal
puisse entraîner les foules. Et je ne suis pas de ceux qui prônent un
certain ascétisme qui n’est d’ailleurs applicable qu’aux nantis. […]
L’enjeu actuel est considérable et le cerveau humain a des ressources
énormes. Seront-elles à la hauteur ? »
Commentaires du Mendiant : La décroissance ou l'ascétisme ne peuvent en
effet être imposés: ils doivent être compris et revendiqués par les
consomm'Acteurs, ce qui passe par une information sur les arnaques et
manipulations de l'industrie (l'objectif de cette section).
« En France, l’argent est encore plus tabou que la sexualité »
► Le Point N° 1793, 25 janvier 2007, Christophe Deloire, p. 36 Le Point
Interview de Janine Mossuz-Lavau :
J’ai fait un test sur les gens qui donnent aux SDF. Les seuls qui
donnent systématiquement sont ceux qui sont pauvres ou l’ont été. Car
ils se disent : « Ca aurait pu m’arriver. » Les plus aisés ont leurs
bons et leurs mauvais pauvres.
Commentaires du Mendiant : Tous les riches devraient faire un stage de
pauvreté pour apprendre à donner…
Distribution : le plan écolo de Tesco
► Le Point N°1793, 25 janvier 2007, p.28 Le Point
Soucieux de lutter contre l’effet de serre, [le numéro un de la grande
distribution britannique] veut apposer sur près de 70 000 produits un «
bilan écologique ». En clair, il va indiquer très vite aux consommateurs
quels sont les articles qui polluent le moins l’environnement.
Commentaires du Mendiant : Une excellente initiative, proposée dans le
Programme du Mendiant !
Les vendeurs de l’équitable
► L’Express N°2898, 18 janvier 2007, Laurence Estival, p. 108 L' Express
Au niveau mondial, le marché des produits équitables atteint 1,125
milliard d’euros […] « Le commerce équitable nous donne pour la première
fois la possibilité de renverser le rapport de force avec la grande
distribution, analyse Pierre Roudot, directeur commercial de Léa Nature
[…] Nous disposons d’un fenêtre de tir, car les consommateurs veulent
des produits porteurs de sens […] »
Commentaires du Mendiant : Dommage que les consommateurs ne souhaitent
pas aussi des lieux d’achat porteurs de sens…
Les jolies cantines de Jean-Christophe Lagarde et Vincent Capo-Canellas
► Marianne N°508, 13 janvier 2007, p.31 Marianne
[Ces élus de l’UDF] ont décidé conjointement de prendre une mesure
totalement neuve : garantir aux enfants le « droit à un repas quotidien,
équilibré et gratuit », quel que soit le revenu de leurs parents.
Commentaires du Mendiant : Une bonne idée qui a attiré, il fallait s'y
attendre, des milliers d'opportunistes. Il eut été préférable, sans
doute, de passer au bio sans augmentation de prix...
Atol relocalise
► L’Express N°2896, 4 janvier 2007, Valérie Lion, p.62 L' Express
La coopérative d’opticiens rapatrie en France une production qu’elle
avait sous-traitée en Chine. […] « C’est une logique de responsabilité,
assure pourtant Philippe Peyrard. Au final, tout le mode s’y retrouve.
Nous maintenons des emplois, donc du pouvoir d’achat, donc de la
croissance. »
Commentaires du Mendiant : Atol contre la myopie économique !
L’humain éprouve plus de plaisir à donner qu’à recevoir
► 20 minutes, 28 décembre 2006 20 minutes
L’équipe du professeur Jordan Grafman, de l’Institut national de santé
aux Etats-Unis, a demandé à dix-neuf volontaires de jouer à un jeu vidéo
[…] Le jeu accordait des gains d’argent et réclamait aussi des dons à
des bonnes œuvres. En cas de gain, les joueurs relâchaient sans surprise
de la dopamine, hormone associée au plaisir […] Les chercheurs ont
découvert avec surprise que faire un don active les circuits de la
récompense plus vivement que de recevoir de l’argent. […] L’acte de
donner déclenche aussi la production d’ocytocine, hormone relâchée
lorsqu’un individu éprouve un sentiment d’attachement.
Commentaires du Mendiant : Il suffit de donner pour s’en rendre compte…
1% pour la Terre
► L’Express N°2894-2895, 21 décembre 2006, p150 L' Express
Le club 1% pour la planète, qui compte 450 membres dans le monde, vient
d’accueillir son 13e membres français, Jardin Bio, et 55e membre
européen. Cette association d’entrepreneurs s’engage à reverser au moins
1% de son chiffre d’affaires à une association environnementale de son
choix. www.onepercentfortheplanet.org
Commentaires du Mendiant : le principe de la dîme appliquée à
l’entreprise…
Claude Alphandery, résistant social
► Marianne N°503, 9 décembre 2006, Hervé Nathan, p.32 Marianne
« Les entreprises solidaires, soutien Claude Alphandery, se battent sur
le marché, comme les autres, mais en plus elles emploient des personnes
exclues ou qui risquent de l’être. Elles fournissent des services
individuels à des personnes aux revenues modestes, et des services
collectifs pour mieux vivre ensemble. »
Commentaires du Mendiant : Une autre économie est en effet possible.
Geoffroy Roux : « Laissons courir les gazelles de notre économie »
► Capital N°183, Décembre 2006, propos recueillis par Patrice Piquard,
p. 147 Capital
« LaRevue parlementaire » a récemment demandé aux députés et aux
sénateurs de citer les dix secteurs d’activités les plus stratégiques
pour l’avenir : ni les télécoms, ni l’électronique grand public, ni
Internet, ni les logiciels, ni les biotechnologies ne figuraient dans la
liste ! Nos élus ne s’intéressent qu’aux grandes opérations de Meccano
industriel. Ils devraient revoir leurs classiques […] Il faut que des
voix s’élèvent pour rappeler que sans les entrepreneurs, on ne créerait
pas de richesses. (Geoffroy Roux, président de CroissancePlus)
Commentaires du Mendiant : Le combat des gazelles contre les éléphants ?
Nokia, champion du développement durable
► Management N°137, Décembre 2006, Anne Bernard, p. 68 Management
Nokia est en tête du classement établi par Greenpeace. Absence de
cadmium, de mercure, de plomb et de PVC dans ses modèles de téléphones
et prochainement absence de RFB (retardateurs de flammes bromés) dès
2007. 80% des pièces de ses modèles sont en outre recyclables.
Commentaires du Mendiant : pour un appareil que l’on porte près de soi
en permanence, ne serait-ce pas la moindre des choses de limiter la
présence des produits toxiques ? Les ondes électromagnétiques ne
donnent-elles pas suffisamment de soucis ?
Mandragon ou l’anticapitalisme
► Le Nouvel Observateur N°2195, 30 novembre 2006, Nathalie Funès, p. 90
Nouvel observateur
« Voir un tel modèle social aussi compétitif dans l’industrie
internationale est assez unique au monde, résume José Maria Munoa […]
C’est que les capitalistes sont les employés. Ils croient en leur
entreprise et se serrent les coudes. » En France, on ne compte que 1 700
coopératives de travailleurs de type Mandragon, soit dix fois moins
qu’en Espagne. « Ici, l’affrontement a toujours été plus fort entre
salariés et patrons […] alors même que l’exemple Mandragon montre qu’il
existe une alternative efficace au capitalisme pur et dur » analyse
Pierre Liret.
Commentaires : Mais évidemment que des alternatives existent ! Elles
gênent simplement trop de monde…
La mixité insoluble
► Le Point, 23 novembre 2006, Saïd Mahrane, p. 56 Le Point
Un sondage TNS-Sofres révèle que près de 67% des français se disent
favorables à la construction de HLM dans leurs environs, mais ils sont
83% à préférer la construction de logement en accession à la propriété.
Lorsque l’on demande quel type de diversité doit être encouragée, c’est
le mélange des populations ayant des âges différents qui arrive en tête
(27%)
Commentaires du Mendiant : 67%, ce n’est certes pas un plébiscite mais
c’est la majorité et c’est encourageant pour la mixité.
SFR soutient les bonnes œuvres de ses salariés
► Management N°136, Novembre 2006, Aurore Dohy, p. 66 Management
SFR a créé un statut inédit de collaborateur citoyen. Celui-ci permet à
un salarié de consacrer jusqu’à onze jours par an à une association,
tout en continuant à être payé par l’entreprise. En outre, l’entreprise
subventionne des projets associatifs et accorde 15 jours de congés tous
frais payés pour partir en mission à l’étranger.
Commentaires du Mendiant : Une bien bonne idée... où tout le monde sort
gagnant!
Les bonnes affaires d’un intégriste du bio. Portrait de Charles
Kloboukoff, patron de Léa Nature
► Management N°136, Novembre 2006, Sophie Lécluse, p. 24 Management
Citations du « Géant Vert », comme l’appellent ses collaborateurs : « Le
coton est un symbole d’esclavage, mais c’est aussi la culture la plus
polluante de la planète et la plus subventionnée par les Américains.
J’ai l’espoir que les choses changent dans ce domaine. », « Je voulais
créer mon entreprise autour de produits naturels pour favoriser
l’automédication, contre le médicament qui détraque autant qu’il soigne
» Et au représentant du Medef qui tente de l’enrôler : « Vous ne
représentez pas l’image d’entreprise que j’ai envie de défendre. »
Commentaires du Mendiant : qui a dit que la qualité et l’éthique ne
pouvaient pas être rentables ? Dommage qu’il faille pour cela passer par
les rayonnages des hypermarchés…
Lentement, c’est meilleur
► La décroissance N°32, Juillet-Août 2006, Antonella Angelozzi, p. 7 La
Décroissance
Slow Food se présente comme un moyen de résister « aux effets dégradants
de la culture de la fast-food qui standardise les goûts » […] Nous
connaissons l’importance fondamentale du repas pour la construction de
la famille et de la société. C’est pendant le repas que s’apprend le
plus le « vivre ensemble ». L’humain commence par apprendre à maîtriser
ses instincts – la faim – en attendant le repas. Cet apprentissage de
l’autolimitation l’aide à le rendre libre. […] Didier Chabrol,
vice-président de Slow-Food-France : « Nous ne défendons pas un modèle
d’alimentation, mais une attitude : celle de la recherche, à travers la
nourriture, d’un plaisir conscient. Se nourrir n’est pas la même chose
que recharger en carburant le réservoir de notre voiture. Nous savons
que notre organisme se constitue avec les nourritures que nous mangeons
: nous devenons ce que nous mangeons. […] Les consommateurs pauvres sont
aujourd’hui les premières victimes des gadgets marketing et des
innovations qui intègrent sans cesse plus de "calories vides" sous des
apparences séduisantes. D’ailleurs, l’obésité frappe beaucoup plus les
consommateurs défavorisés que les autres. Aussi, l’éducation au goût
devrait les concerner au premier chef. » Voir www.slowfood.fr/france
Commentaires du Mendiant : A la vue des saloperies chimiques parfois
consommées, le parallèle avec le pétrole de la voiture peut sembler
justifié. Les pratiques des pétroliers et de l’industrie
agro-alimentaire n’ont-elles pas de grandes similitudes ? La différence
est qu’un pétrole de marque permet généralement d’aller plus loin et de
désencrasser le moteur, alors que c’est l’inverse qui se produit avec la
nourriture industrielle : on a de nouveau faim rapidement et l’organisme
finit par être encrassé (obésité)…
La face cachée des labels
► Quelle Santé N°2, Février 2006, p. 6 Soignez-vous
« A propos du traitement vétérinaire, le cahier des charges AB autorise
jusqu’à trois traitements allopathiques par animal et par an. Nous ne le
limitons qu’à un seul et seulement en cas de maladie et non pas en
préventif. […] Nature & Progrès considère que puisque l’on refuse les
produits chimiques dans la terre, les plantes… il est logique de les
refuser également sur les animaux. » (Lionel Labit, ingénieur agronome
chez Nature & Progrès)
Commentaires du Mendiant : Quel dommage que les humains ne soient pas
aussi bien traités que les bêtes de Nature & Progrès !
Heureusement à suivre...